Samba Kullung (Sahel)

Samba Kullung, ça signifie quelque chose comme Samba celui qui ne fait rien, Samba le froussard. Quand on levait la main d’un cou sec devant l'enfant Samba, ça le faisait sursauter. Quand quelqu’un criait, l'enfant s’enfuyait en courant tête baissée.

Ainsi était Samba Kullung enfant, c’est comme ça que grandit Samba Kullung. Son père lui donna un cheval, un dialli  et un garçon d’écurie du nom de Munjo Kadi. Son dialli s’appellait Sirima. C’est ainsi que Kullung fut élevé.

Mais Samba était toujours Samba Kullung, Samba le peureux. Il était grand, fort et très beau, mais tout le monde se moquait de lui pour sa lâcheté. Sa mère dit au dialli Sirima:

« Tout le monde dit du mal de mon fils. Ne peut-on rien faire? »

 

Le dialli Sirima répondit:

« On ne peut rien faire, rien faire du tout. Je le sollicite tous les jours. Je lui raconte toutes sortes de choses, pour lui donner l’envie de l'aventure, mais ça ne sert à rien. Il était déjà comme ça enfant et, adulte, il ne sera guère différent»

 

La mère dit:

« Oh ! Quelle honte pour ma famille ! J’en mourrai. Oh, quelle honte ! Mais écoute, dialli Sirima, tu ne peux pas lui trouver une petite amie? Toute femme excite et pousse l'homme à des aventures guerrières. Ne pourrait-on pas lui trouver une petite amie?»

 

Le dialli Sirima lui dit:

« Rien n'est plus facile, Samba Kullung est le plus bel homme de Kala»

 

Le lendemain le dialli Sirima vint voir Samba Kullung  en compagnie d’une belle jeune fille nommée Kumba. Samba Kullung était sur le bord de son lit. Le dialli et la belle fille s’assirent également sur le lit. Kumba se tenait au milieu. Au bout d’un moment, le dialli Sirima se leva, sortit et les laissa seuls tous les deux. Pendant toute une journée, jusqu'au lendemain matin, Samba Kullung resta seul avec la jolie fille. Puis il sortit.

 

Le dialli Sirima lui demanda:

« Alors qu’est ce qui s’est passé?»

 

Samba Kullung déclara:

« Qu’est-il censé s’être passé ? Nous sommes restés assis côte à côte sur le lit. Elle n'a rien dit, je n’ai rien dit non plus. Elle n'a pas bougé et je n'ai pas bougé» 

 

Le dialli Sirima dit: 

« Tu n’as pas bien agi. Quand on est assis à côté d'une jolie fille, on doit lui prendre la main. Essaie-donc un peu…»

 

© Édition: Quatrotypos (Bruxelles, 2013)

© Traduction: Christian Lassalle

© Illustrations et Photographies: Frobenius-Institut - Frankfurt am Main

 

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