On dit qu´au Mexique il est une société secrète formée par des gens qui offrent des livres de Francisco Tario. Ses membres ignorent qu´ils en font partie et le moment où ils le découvrent  ils en sont expulsés. Toujours est-il qu´au-delà de la légende ou de la boutade, il y a un véritable mystère autour de cet écrivain mexicain dont l´œuvre - contrairement à celle de la plupart de ses contemporains-  ne plonge pas ses racines dans la réalité du Mexique,  l´indigénisme ou les mythes qui sous-tendent sa formation en tant que nation. L´essayiste Christopher Domínguez Michael a ainsi pu écrire que l´originalité de Francisco Tario est celle de ces écrivains qui auraient pu naître maintenant ou il y a cinq siècles et écrire en espagnol ou dans toute autre langue.
 
Leo Frobenius et «Le Decameron Noir»
 
Leo Frobenius ! Sans doute un écrivain romain? Mais de quel siècle? Avant ou après Jésus-Christ? Non. Qui est cet inconnu?
 
Dos Guantes Negros
Archive de famille de Julio Farell
 
Auteur: Norbert Freiherr von Stetten et Leo Frobenius
 
Auteur Photographie: Leo Frobenius
Date: 1910
Lieu: Kabyles (région Aurès, Algérie)
 
 
Je préparais ces jours-là le dernier examen de mes études et, d’ordinaire, je ne me couchais pas avant trois heures ou trois heures et demies du matin. Cette fois-ci, quatre heures venaient de sonner lorsque je me mettais au lit. J’étais épuisé de fatigue et éteignais la lumière. Je m’endormais immédiatement et commençais à rêver.
 
 
-Tu n’as pas idée à quel point les hommes sont vains et cruels- me disait une amie poule il y a presque un siècle, lorsque j’étais encore jeune et vierge et que j’habitais une basse-cour indescriptiblement somptueuse, peuplée d’arbres fruitiers.
 
 
 
On dit qu´au Mexique il est une société secrète formée par des gens qui offrent des livres de Francisco Tario. Ses membres ignorent qu´ils en font partie et le moment où ils le découvrent  ils en sont expulsés. Toujours est-il qu´au-delà de la légende ou de la boutade, il y a un véritable mystère autour de cet écrivain mexicain dont l´œuvre - contrairement à celle de la plupart de ses contemporains-  ne plonge pas ses racines dans la réalité du Mexique,  l´indigénisme ou les mythes qui sous-tendent sa formation en tant que nation. L´essayiste Christopher Domínguez Michael a ainsi pu écrire que l´originalité de Francisco Tario est celle de ces écrivains qui auraient pu naître maintenant ou il y a cinq siècles et écrire en espagnol ou dans toute autre langue.
 
Leo Frobenius et «Le Decameron Noir»
 
Leo Frobenius ! Sans doute un écrivain romain? Mais de quel siècle? Avant ou après Jésus-Christ? Non. Qui est cet inconnu?
 
Dos Guantes Negros
Archive de famille de Julio Farell
 
Auteur: Norbert Freiherr von Stetten et Leo Frobenius
 
Auteur Photographie: Leo Frobenius
Date: 1910
Lieu: Kabyles (région Aurès, Algérie)
 
 Il y a très très longtemps, les femmes vivaient dans un pays réservé aux femmes, les hommes vivaient aussi dans un pays réservé aux hommes. La cité des hommes était très, très grande. La cité des femmes était aussi très, très grande.
 
 
J’aurais voulu être assassin, travailler dans le cirque ou être soldat, et je ne suis, en revanche, qu’un grotesque poupon de chiffon : livide, chétif, dépourvu de toute beauté. Mes yeux hébétés et insipides sont trop ronds ; mes oreilles monstrueuses et molles me font honte ; mon nez camus possède deux orifices absurdes où les enfants mettront leurs petits doigts dès que je tomberai entre leurs mains. Ma large bouche, édentée, tombe en un rictus d’amertume ; mon visage est difforme, antipathique et blanc comme la lune ; mes petites jambes et mes bras pendent de mon tronc sans aucune grâce, avec leurs gros doigts si mal imités dont tous se moquent.
 
 
Onze heures sonnaient à l’horloge de l’entrée lorsque mon maître ferma le livre qu’il lisait depuis le début de l’après-midi et s’achemina vers sa chambre à coucher. Il y donna deux tours de clé, entrouvrit un peu la fenêtre- puisque nous étions au printemps- et commença à de déshabiller plus tranquillement que d’habitude.
 
 
 
Dos Guantes Negros
Archive de famille de Julio Farell
 
 
Auteur Photographie: Leo Frobenius
Date: 1910
Lieu: Kabyles (région Aurès, Algérie)
 
 
 
Ceci est raconté par Simoa, le fils d’Abid, (Simoa ben Abid) et ça doit être vrai. Il est dit que Simoa, le fils d’Abid, quand il avait dix-huit ans, était le plus beau des hommes. Jusqu'à cet âge, il était toujours resté à la maison, n'avait jamais rien connu et ne savait pas quelle force indomptable il avait dans ses parties génitales.
 
 
Je me trouvais dans la salle de bains en train de me raser, il devait être dix heures du soir lorsque cet évènement extravagant qui allait entraîner tant de mésaventures au cours des prochaines années survint.
 
 
La lettre, écrite de manière quasiment illisible, disait :
 
 
 
Auteur: Norbert Freiherr von Stetten
Date: 1912 - 1914
 
Auteur Photographie: Leo Frobenius
Date: 1910
Lieu: Kabyles (région Aurès, Algérie)
 
 
Kallondji  et Tonjandji  partirent ensemble en voyage. Tonjandji dit: «Qui de nous est silatigi?» Kallondji répondit: «Je serai silatigi» Tonjandji dit : «Non, je veux être silatigi» Kallondji dit: «Non, je veux être silatigi» Tonjandji dit: «Si jamais tu prenais trois jours d’avance, je te rattraperais en une heure. Par conséquent, il est préférable que je sois silatigi» Alors Kallondji dit: «Sois donc silatigi, nous allons essayer»
 
 
-Veuillez poursuivre – indiqua l’éminent médecin, sans cesser de balancer une jambe ni de regarder cet homme qui se trouvait devant son bureau, et qui voulait être informé si, du point de vue clinique, il existait une possibilité d’éviter la potence, infligée pour avoir commis le vilain et sale meurtre de dévorer impunément un nourrisson rondouillard.
 
Mon maître se meurt. Il meurt seul, sur sa paillasse, dans cette mansarde glacée où la neige s’infiltre.
 
 
 
Auteur: Norbert Freiherr von Stetten
Date: 1912 - 1914
 
Auteur Photographie: Leo Frobenius
Date: 1910
Lieu: Kabyles (région Aurès, Algérie)
 
Un homme du nom de Mussa était extrêmement riche et jouissait en raison de sa richesse d’un renom qui dépassait de loin les frontières du pays. Il n’y avait, dans tout le pays à la ronde, personne qui n'ait autant de troupeaux et d’esclaves et autant d'influence que ce Mussa. Ce Mussa était en plus d’une force dépassant toute mesure. Quand il partait dans le désert à la chasse et tombait sur une hyène, un lion ou tout autre animal sauvage, il avait l'habitude de descendre de cheval et d'attaquer l'animal à mains nues. Il maîtrisait l'animal, l'attachait et le ramenait à la maison. Mais arrivé à la maison, il le laissait aller libre dans un enclos de sa seriba et lui donnait à manger. Si bien qu’à force il avait tant d'animaux du désert chez lui que les habitants du village où il habitait se mirent à avoir peur de lui, vinrent le trouver et lui dirent : «Cher Mussa, tu es très riche et très puissant, tu es même plus riche et plus puissant que nous tous, mais tu as maintenant tant d'animaux sauvages dans ton campement que nous avons peur de toi et te prions d'aller ailleurs installer ton campement avec tes animaux sauvages»
 
Enfant, j’étais chétif, boutonneux et pitoyable. Mes mains et mes pieds étaient démesurément longs ; le cou très maigre ; les yeuxvibrants etmétalliques ; les épaules carrées mais osseuses, semblables à un portemanteau ; la tête, petite, arrondie. Mes cheveux étaient clairsemés et crépus, et mes dents jaunes, voire noires. Ma voix, excessivement braillarde,irritait mes géniteurs, mes frères et sœurs, les professeurs à l’école et même moi. Lorsque suite à un silence prolongé – lors d’une réunion de famille, au cours des repas, je me mettais à parler, tous sursautaient sur leurs chaises, comme si le diable leur était apparu. Puis, pour ne plus m’entendre, ils faisaient le plus de bruit possible, soit en criant ou en déplaçant les couverts sur la table, mais aussi  les verres etla vaisselle en faïence…