Leo Frobenius et «Le Decameron Noir» (3)

Leo Frobenius et «Le Decameron Noir»

 

Leo Frobenius ! Sans doute un écrivain romain? Mais de quel siècle? Avant ou après Jésus-Christ? Non. Qui est cet inconnu?

C’est dire que, quand on se lance dans la lecture du «Décaméron Noir» de Leo Frobenius, on n’a aucune idée de l’endroit où on pose les pieds ou les yeux …

Et puis, une fois le cap de la curiosité franchi, on se laisse embarquer dans ses histoires, ses contes, ses nouvelles, dont la seule version trouvée est la version originale, en allemand !

Des contes africains en allemand ! Et pourquoi pas ?

Le Décaméron Noir de Leo Frobenius, c’est le genre de lecture qu’on n’a pas envie d’arrêter. On arrive en bas d’une page en attente de la surprise qui va surgir en haut de la suivante, en attente de savoir comme tout ça va finir, comment Frobenius et le héros vont s’en sortir.

Le lecteur est pris au piège, il se surprend à espérer la pointe d’humour, d’ironie, d’insolence, à guetter le passage léger, audacieux, un peu osé, à se réjouir, à la fin de l’histoire, de la «morale» pas toujours très morale. Et toujours cette insolence, cette ironie, cette fraîcheur, cette envie de surprendre le lecteur.

Mais aussi, au fur et à mesure, que les pages se tournent, on découvre un style simple, clair, presque facile et, pour ainsi dire, oral. Mais bien sûr, les contes du «Décaméron Noir» de Leo Frobenius sont écrits pour être dits, pour être racontés les soirs dans les veillées.

Ces contes sont faits pour des conteurs ! Tout simplement…

Leo Frobenius (1873-1938) était un ethnologue allemand qui partit pour l’Afrique la première fois à l’âge de trente ans. En opposition aux idées colonialistes de l’époque, contestant l’idée que les Européens auraient apporté à l’Afrique la «civilisation», Leo Frobenius, par ses écrits, a rendu à l’Afrique sa dignité.

C’est ainsi que le voient des intellectuels comme Léopold Sédar Senghor ou Aimé Césaire.

« Pour l’ethnologue et philosophe allemand qui est un antiraciste conséquent, il n’y a pas plus de peuples primitifs que de races: tous ont franchi l’étape de l’enfance. Il y a seulement que certains ont gardé l’esprit créateur de l’adolescence tandis que d’autres sont passés pour aller s’enliser dans le pragmatisme à courte vue de l’âge mûr » (Léopold Sédar Senghor)

 

© Préface écrit par Christian Lassalle

 

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