La Nuit du Costume Gris

 

Onze heures sonnaient à l’horloge de l’entrée lorsque mon maître ferma le livre qu’il lisait depuis le début de l’après-midi et s’achemina vers sa chambre à coucher. Il y donna deux tours de clé, entrouvrit un peu la fenêtre- puisque nous étions au printemps- et commença à de déshabiller plus tranquillement que d’habitude.

Mon maître est un homme herculéen, quelque peu diabolique et très gai, que les femmes regardent toujours de manière blâmable et les hommes avec jalousie. Il s’habille à la dernière mode, ne pense jamais à la mort, ne fréquente l’église en aucune manière et voyage souvent. Lorsqu’il voyage, il me porte systématiquement sur ses épaules, non sans m’avoir envoyé au repassage à l’avance. Il me décore également d’une chemise blanche, un foulard de la même couleur et une cravate en soie à pois rouges. Il porte des gants dans des circonstances très spéciales : des gants de couleur vanille, aux pourpointsnoirs, toujours déboutonnés, laissant voir sa montre en or sur son poignet velu et solide. 

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