-J’ai reçu une lettre du noyé aujourd’hui –dis-je. Et ma mère, qui étendait le linge au soleil dans le verger de notre maison, me regarda sans enthousiasme comme si elle m’avertissait : « Tu ne devrais pas me faire ce genre de farces ». Ou : « Tu grandis trop vite ».
 
 
-Veuillez poursuivre – indiqua l’éminent médecin, sans cesser de balancer une jambe ni de regarder cet homme qui se trouvait devant son bureau, et qui voulait être informé si, du point de vue clinique, il existait une possibilité d’éviter la potence, infligée pour avoir commis le vilain et sale meurtre de dévorer impunément un nourrisson rondouillard.
 
 
Je me trouvais dans la salle de bains en train de me raser, il devait être dix heures du soir lorsque cet évènement extravagant qui allait entraîner tant de mésaventures au cours des prochaines années survint.
 
 
Je préparais ces jours-là le dernier examen de mes études et, d’ordinaire, je ne me couchais pas avant trois heures ou trois heures et demies du matin. Cette fois-ci, quatre heures venaient de sonner lorsque je me mettais au lit. J’étais épuisé de fatigue et éteignais la lumière. Je m’endormais immédiatement et commençais à rêver.